Les pesticides : quels enjeux pour le bassin versant des Usses ?

L’étude Qualité réalisée par le SMECRU en 2013, montre que le risque de pollution des milieux aquatiques par l’utilisation des pesticides dans les espaces publics (voiries, parcs, aire de jeux, cimetières…) était plus important qu’en zone agricole. La présence de pesticides dans l’eau des Usses représente un danger pour son équilibre et les écosystèmes.

Initialement utilisés pour prévenir, contrôler ou éliminer des végétaux, animaux ou micro-organismes jugés indésirables, il a été prouvé que certains pesticides étaient particulièrement dangereux pour l’homme et l’environnement.

 

Les espaces publics sont plus imperméables que d'autres : cimetières goudronnés, voiries, parcs, etc. Par mauvais temps, l'eau de pluie lessive ces surfaces, recueillant sur son chemin les molécules de pesticides. Le tout rejoint les caniveaux puis les réseaux d'eaux pluviales qui sont directement connectés aux rivières.

Objectif zéro pesticide dans nos villes et villages

Rappels réglementaires :

  • La loi Labbé du 6 février 2014, entrée en vigueur au 1er janvier 2017, interdit l’usage des produits phytopharmaceutiques par
    l’État, les collectivités locales et les établissements publics pour l’entretien des espaces verts, promenades, forêts et voiries publics.
  • Par ailleurs, l’usage non professionnel de ces produits sera interdit à partir du 1er janvier 2019.
Escargot

Le SMECRU accompagne les communes

En tant que garant de la qualité des eaux du bassin versant des Usses, le SMECRU propose un accompagnement aux communes du territoire signataires de la charte « Objectif zéro pesticide dans nos villes et villages ». Cette charte s’adresse à l’ensemble des collectivités de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Elle leur propose un cadre technique et méthodologique pour une réduction des pollutions et risques liés à l’usage des pesticides sur les espaces publics.

En quoi consiste la Charte ?

Si dans un premier temps, la signature de la charte engage les communes à diminuer l’usage des pesticides, elles devront, à terme, passer à l’abandon total de cette pratique. Il s’agit d’une démarche progressive, sur un délai indicatif de 5 ans, et qui s’échelonne sur trois niveaux :

NIVEAU 1
  • Formation des agents des services techniques et des élus aux méthodes d’entretien alternatives
  • Réalisation d’un plan de désherbage communal
  • Communication de la démarche auprès de la population

 

NIVEAU 2
  • Utilisation des pesticides restreinte aux herbicides sur les zones à faible risque pour la pollution des eaux
  • Communication auprès de la population
  • Sensibilisation spécifique des jardiniers amateurs

 

NIVEAU 3
  • Suppression totale des pesticides : atteinte du « zéro pesticide »
  • Organisation d’un événement de communication
  • Sensibilisation des autres gestionnaires d’espaces collectifs

 

Le SMECRU est épaulé par l’association FRAPNA qui assure l’animation de la charte pour toutes les communes engagées dans le département.

 

 

Former et assurer la transition sur les Usses

Porteur de la démarche, le SMECRU est intervenu sur le bassin versant par une compagne de sensibilisation auprès des citoyens et par un appui technique et méthodologique auprès des communes. L’accompagnement des élus et des techniciens des collectivités est assuré par ARTELIA. Recruté après un appel d’offres, ce bureau d’étude est spécialisé dans la gestion environnementale.

Les élus et techniciens ont été formés sur les risques liés à l’usage des pesticides et sur les alternatives.

Chaque commune signataire de la charte désigne un élu et un technicien référents. Ces derniers sont les garants de la mise en place de la démarche à l’échelle de leur territoire. Ainsi, ce sont près de 60 référents qui ont été formés entre 2016 et 2017.

 

 

L’élaboration des plans de gestion différenciée

Le plan de gestion différenciée est une méthodologie raisonnée et progressive de mise en place de nouvelles pratiques d’entretien des espaces publics en substituant l’usage des pesticides par des pratiques alternatives.

Le principe consiste à définir de nouveaux objectifs d’entretien, à limiter les risques de transfert de produits dans l’environnement et les milieux aquatiques et à prendre en compte les marges de manœuvre (humaines, techniques et financières) de la collectivité. Il s’articule en 5 points :

  • Diagnostic des pratiques actuelles de la commune
  • Définition des objectifs d’entretien
  • Classement des zones à désherber selon le risque de transfert de molécules chimiques vers les milieux aquatiques
  • Définition du plan de gestion récapitulant les nouvelles méthodes d’entretien
  • Suivi de la démarche et bilans annuels.

 

Une journée de démonstration de matériel alternatif

Passée l’étape en salle et la formalisation de leur plan de gestion différenciée, les collectivités du bassin versant des Usses et des alentours ont pu tester du matériel de désherbage alternatif lors d’une journée de démonstration qui s’est tenue à Sillingy, le 30 septembre 2016.

Elles ont pris connaissance du matériel et ainsi pu être en mesure de choisir l’équipement le mieux adapté. L’achat d’équipement a été subventionné à hauteur de 80% par l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse. 8 exposants et 80 participants étaient présents.

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Signature officielle des Chartes à la foire de Frangy

Pour concrétiser et officialise l’engagement des premières communes signataires, le SMECRU a organisé le 8 mai 2016 une cérémonie de signature officielle. L’évènement, présidé par Christian Bunz, président du SMECRU, a eu lieu en présence de Virginie Duby-Muller et d’autres personnalités de la vie publique et plusieurs communes ont signé la charte ce jour-là.

Signature Charte 1

La sensibilisation

Le SMECRU communique aussi auprès du grand public, pour expliquer la transition et proposer des techniques à mettre dans nos jardins et potagers.

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Le bilan de l’action : 1er octobre 2019

Coordonnée par le Syndicat de Rivières des Usses (SMECRU), le projet « Zéro pesticide dans nos villes et villages», a permis d’accompagner, entre 2016 et 2019, 32 communes volontaires (sur 41 communes) du bassin versant des Usses vers l’arrêt de l’usage des produits phytopharmaceutiques (en langage courant : pesticides) sur les espaces publics. Après que les maires se soient engagés officiellement en signant la charte « objectif Zéro pesticide pour nos villes et villages », deux  référents (un élu et un  agent technique) par commune ont participé à la définition et à la mise en œuvre d’un nouveau plan de désherbage spécifique à l’entretien des espaces publics. Les plans de désherbage ont eu pour objectif de définir des alternatives à la gestion de la végétation spontanée et l’enherbement. Ainsi les espaces publics sont catégorisés selon leur niveau d’esthétisme souhaité : beaucoup d’entretien (exemple des parvis de l’église, de la mairie…) à moins d’entretien (exemple des chemins).

En sus de l’accompagnement technique proposé par le SMECRU, les communes ont pu également s’équiper en matériel de désherbages alternatifs : désherbeur mécanique, brosse métallique…

Ce projet était une priorité pour le bassin versant des Usses car beaucoup d’espaces publics entretenus avec les produits chimiques sont directement connectés aux ruisseaux et rivières de notre territoire via les avaloirs, les caniveaux, les fossés… Une étude réalisée en 2013 avait mis en exergue l’impact du transfert des molécules chimiques sur le milieu aquatique.

Après deux années de suivi de l’évolution des méthodes de désherbage sur les 32 communes concernées, 16 communes indiquent ne plus utiliser de pesticides sur les espaces publics y compris dans les cimetières et les terrains de sport. Rappelons que ces espaces peuvent encore être réglementairement désherbés chimiquement. Néanmoins, les communes présentes le 1er octobre 2019, conviennent de la nécessité d’améliorer leurs techniques de désherbage sur ces deux sites. A cet effet, France Nature Environnement (exFRAPNA) qui est l’animateur de la démarche à l’échelle du département de la Haute-Savoie, propose un accompagnement spécifique pour l’entretien des cimetières. FNE a travaillé également ces dernières années sur la mise au point d’une banque de semences locales adaptées aux caractéristiques climatiques de notre région.

De manière générale, les communes indiquent que le zéropesticide sur les espaces publics nécessite davantage de travail de la part des agents techniques de leurs communes, mais aussi et surtout, l’appropriation par les habitants d’espaces publics ayant une apparence plus sauvage. Les espaces publics végétalisés ne peuvent plus être considérés comme des éléments de décoration mais comme des écosystèmes hébergeant la biodiversité faunistique et floristique. Pour ce faire, grâce à des documents proposés par le SMECRU et le FNE, les communes ont pu communiquées auprès de leurs administrés sur leurs sites internet, dans leurs bulletins communaux ou en affichant des panneaux…

Diaporama du bilan de l’opération « objectif 0 pesticide pour nos villes et nos villages »

Les financeurs de la démarche

  • Formation des référents 0 pesticide et journée de démonstration de materiel : Agence de l’eau 50%, Région Auvergne Rhône Alpes 30%, Autofinancement SMECRU 20%
  • Plans de gestion différenciée : Agence de l’eau 50%, Conseil Départemental de la Haute Savoie 30%, Autofinancement SMECRU 20%
Illustration SMECRU